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Clichés? La vie des aristocrates sous l'Ancien Régime

Christophe Levadoux

Histoire de l'Art

Histoire sociale

Arts décoratifs

architecture

Clichés? La vie des aristocrates sous l'Ancien Régime

30 juin 2022

18h00

Format:

conférence à distance

Outil:

Zoom

Durée:

75mn

Capacités:

40 personnes

9.00

TTC

TOTO
Clichés? La vie des aristocrates sous l'Ancien Régime

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Le programme

Depuis le XIIe siècle, la noblesse était considérée comme le second ordre de la société chrétienne. Chargés de défendre l’église et d’aider les princes à accomplir la volonté divine, les aristocrates se reconnaissaient dans des valeurs communes véhiculées par la littérature et exaltées par le pouvoir royal. A la Renaissance, la représentation du second ordre découlait encore largement d’un imaginaire chevaleresque, dont le mythe était toujours très vivace. Là commence une des premières légendes de l’aristocratie liée au lignage et à la pureté de la « race noble ». En effet, la noblesse de bien des lignages ne se perdait pas dans la nuit des temps, beaucoup étaient avant tout des petits seigneurs ruraux, dont les aïeux s’étaient peu à peu écartés de leurs origines roturières. Paradoxalement, être noble dépendait de l’adéquation à un certain nombre de codes. Mais, qu’est-ce que vivre noblement ? Vivre noblement résume la capacité à vivre parmi les siens, selon des règles de représentation qui vont définir son appartenance et son identité. Ainsi, le titre, l’ancienneté de la famille, le prestige du fief, sont autant de critères qui définissent cette sociabilité. Au cœur du domaine, le château était conçu comme le symbole du prestige familial. Pour beaucoup, entretenir une demeure familiale ou bâtir un château neuf était une façon de perpétuer sa renommée. Toutefois, si la représentation idéale du mode de vie nobiliaire était belle et bien rurale et militaire, elle ne correspondait pas toujours aux réalités sociales. Dans les plus grandes villes du royaume, de riches familles étaient considérées comme nobles, alors que l’essentiel de leurs revenus provenaient du commerce. Dans la réalité sociale aristocratique, n’est pas noble qui veut, le lignage est donc parfaitement réfléchi. Les nobles cédèrent à la tentation endogamique. Le terme d’aristocratie renvoyait immédiatement à la conception inégalitaire et élitiste d’une société supposant par son étymologie même l’existence d’une catégorie des meilleurs. En fait, au plus bas de l’échelle sociale nobiliaire, il était parfois difficile de distinguer la demeure des petits nobles ruraux de celle des plus riches paysans. Nous l’aurons compris, plus on s’élevait dans la hiérarchie des fortunes, plus le cadre de vie se diversifiait. Dans la moyenne noblesse, les soucis de représentation et d’apparat étaient plus marqués, les logis n’avaient plus rien à voir avec les maisons de la petite noblesse pauvre. La réalité nobiliaire était infiniment plus complexe que ce qui est communément établi depuis la Révolution! Brisons les clichés! La réalité n'est pas celle qu'on pense...

Le conférencier

Levadoux

Christophe Levadoux

Docteur en Histoire de l'Art, spécialiste du XVIIIe siècle français, de l'histoire du goût et des sociétés, ainsi que des arts décoratifs européens. Universitaire, enseignant en classes préparatoires, chercheur associé au CRIHAM de l'Unilim.